Work Songs
Sylvain Rifflet et Maxence Rifflet
Treize ans après leur collaboration autour de la figure de Moondog (Perpetual Motion, 2013), les frères Rifflet relancent leur dialogue entre images et musique en explorant les mondes du travail contemporain. Pour Work Songs, ils ont poussé les portes des usines, des ateliers, des bureaux et des lieux de soin, à la rencontre de celles et ceux qui répondent aux nécessités matérielles de nos vies modernes.
Pendant plusieurs semaines de résidence, ils ont filmé, photographié, enregistré, mais surtout observé et écouté. Car d’un lieu à l’autre, il ne s’agissait pas de reproduire un dispositif, mais de trouver dans chaque situation le principe même d’une composition. Le rythme légèrement différent des warnings d’une flotte de camionnettes, les deux notes produites par un convoyeur de calissons, le chant de porteurs de sacs de riz, une employée qui chantonne derrière son ordinateur, les traces laissées par les encres sur le tissu qui nettoie une presse : un son, un geste, une cadence, un accident ou un détail presque anodin peuvent devenir le point de départ d’une forme.
De ces rencontres naissent des relations chaque fois différentes entre le réel, l’image et la musique. Ici, le montage impose son rythme aux musiciens ; ailleurs, une musique donne sa forme au montage. Un saxophoniste joue avec une machine ; une basse de blues enregistrée au milieu d’un silo se mêle aux musiciens sur scène ; la vibration accidentelle d’un film se prolonge dans le son de quatre shruti boxes. Parfois, la composition semble déjà présente dans le travail lui-même : il suffit alors de l’entendre, de la révéler et de la prolonger.
Le titre Work Songs renvoie aux chants de travail qui comptent parmi les sources du jazz. Utilisés notamment pour synchroniser les gestes, soutenir l’effort ou alléger sa pénibilité, ils faisaient de la musique une partie du travail lui-même. Revenir vers cette histoire ne signifie pas ici chercher à en reproduire les formes. Il s’agit plutôt d’en retrouver le principe vivant : une musique qui peut naître d’une situation, se transformer avec ce qui l’entoure et rester en prise avec le monde.
Au fil du spectacle, on croisera, entre autres, des livreurs d’Amazon, un horloger fou, des ouvriers du tri des déchets recyclables, une bergère, un chasseur de fossiles, des porteurs de sacs de riz sur les rives du Yangzi, un pêcheur d’oursins.
À travers ces rencontres, la collaboration entre les deux artistes se rejoue sans cesse. Il ne s’agit jamais pour la musique d’accompagner simplement les images, ni pour les images d’illustrer une musique déjà écrite. Chacun travaille avec ce que l’autre lui donne — un rythme, une durée, une structure, un son, parfois un accident — et se trouve à son tour déplacé dans sa propre pratique. C’est dans ces allers-retours, autant que dans les mondes du travail traversés, que s’est construit le spectacle.
Distribution
Verneri Pohjola : trompette
Bettina Kee : synthétiseur modulaire
Csaba Palotaï : guitare
Benjamin Flament : percussions
Sylvain Rifflet : composition, saxophone ténor, clarinettes
Maxence Rifflet : photo, vidéo et film 16 mm
Céline Grangey : son
Maxime Baron : lumière
Dates
26 janv. 2027 - Création - Théâtre Durance, Scène Nationale de Château-Arnoux-Saint-Auban
13 févr. 2027 - Quimper - Théâtre de Cornouaille, Scène Nationale
22 mars 2027 - Aix-en-Provence - Théâtre du Bois de l'Aune
23 mars 2027 - Valence - LUX Scène Nationale
25 mars 2027 - Paris - Studio de l’Ermitage
26 mars 2027 - Vitrolles - Théâtre Fontblanche
Production : MAGRIFF
Coproductions : Théâtre Durance, scène nationale - Château-Arnoux-Saint-Auban - Théâtre de Cornouaille, scène nationale de Quimper - Théâtre du Bois de l'Aune, Aix-en-Provence
Projet soutenu par La Coopérative - Réseau pour la création musicale DRAC PACA
Avec le soutien de la SACEM, de l’Adami et de la Spedidam.